Reforme

CAN 2027 : la CAF élargit le tournoi à 28 équipes, une révolution pour le football africain

La Coupe d’Afrique des nations change encore de dimension. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 22 juillet à Johannesburg, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a confirmé l’élargissement de la CAN à 28 sélections dès l’édition 2027. Une réforme majeure pour la compétition reine du football africain, qui passera donc de 24 à 28 participants.

Publié ce 23 juillet à 14h31 Mis à jour il y a 3 heures Pascal Abihona
CAN 2027 : la CAF élargit le tournoi à 28 équipes, une révolution pour le football africain

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la politique d’ouverture engagée par la CAF. Après le passage à 24 équipes en 2019, l’instance continentale poursuit son ambition de donner davantage de places aux nations africaines et d’élargir la représentativité du tournoi. Pour plusieurs sélections souvent absentes de la phase finale, la porte s’ouvre un peu plus.

Motsepe acte le passage à 28 nations

Patrice Motsepe a confirmé cette évolution avec fierté. « Nous avons augmenté le nombre de participants à la CAN » , a déclaré le président de la CAF, en annonçant le nouveau format appelé à entrer en vigueur dès la prochaine édition.

La CAN 2027, coorganisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, deviendra ainsi la première édition à 28 équipes. Cette expansion oblige déjà les fédérations nationales à revoir leurs ambitions, car la bataille pour la qualification devrait devenir à la fois plus ouverte et plus stratégique.

Sept groupes attendus en phase finale

Avec 28 équipes, la compétition devrait évoluer vers une phase de groupes à sept poules de quatre sélections. Dans cette configuration, les deux premiers de chaque groupe se qualifieraient directement pour les huitièmes de finale, accompagnés des deux meilleurs troisièmes.

Ce format permettrait de conserver un tableau final à 16 équipes, tout en limitant le nombre de repêchés par rapport à l’ancienne formule à 24 nations. Il rendrait aussi chaque match de groupe plus important, car seules deux des sept équipes classées troisièmes pourraient poursuivre l’aventure.

Une chance pour les nations émergentes

Cette réforme peut profiter aux sélections qui frappent régulièrement à la porte de la CAN sans parvenir à s’y installer durablement. Avec quatre places supplémentaires, plusieurs pays auront une opportunité plus réaliste de goûter à la phase finale et de se mesurer au plus haut niveau continental.

Pour la CAF, l’objectif est clair : faire grandir la compétition en impliquant davantage de nations. Plus de participants signifie plus d’exposition, plus de publics concernés et plus de territoires mobilisés autour du tournoi. La CAN devient ainsi un produit continental encore plus large.

Un défi sportif et logistique

Mais cette expansion ne sera pas sans contraintes. Organiser une CAN à 28 équipes impose davantage de matchs, plus de déplacements, plus de sites d’entraînement, plus d’hébergements et une coordination beaucoup plus exigeante entre les pays hôtes.

Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie seront donc attendus au tournant. La CAF assure que l’organisation progresse, mais une édition élargie exigera une préparation solide. Les infrastructures, la sécurité, les transports et la qualité des pelouses devront être à la hauteur d’un tournoi désormais plus vaste.

Les éliminatoires sous pression

Les éliminatoires de la CAN 2027 sont prévues entre septembre 2026 et mars 2027. Avec ce nouveau format, la CAF devra clarifier rapidement les modalités de qualification, notamment la répartition des groupes, le statut des pays hôtes et les critères permettant d’accéder à la phase finale.

Pour les sélections, cette réforme change les calculs. Les grandes nations resteront attendues, mais les équipes de second rideau auront désormais une marge d’espoir plus importante. Le risque, pour elles, sera de croire que l’élargissement rend la qualification automatique. Au contraire, la concurrence pourrait devenir encore plus dense.

Une réforme qui peut servir le Gabon

Pour le Gabon, cette nouvelle donne peut représenter une opportunité. Les Panthères, désormais engagées dans un nouveau cycle avec Sébastien Migné, devront viser une qualification qui paraît plus accessible sur le papier, mais qui devra se gagner sur le terrain.

L’élargissement à 28 équipes ne garantit rien. Il impose surtout de ne plus manquer les rendez-vous importants. Dans une Afrique où la hiérarchie se resserre, le Gabon devra retrouver de la régularité, de l’efficacité et une identité claire pour profiter de cette fenêtre.

Une CAN plus ouverte, mais plus exigeante

La CAF présente cette réforme comme une avancée pour le football africain. Elle peut effectivement permettre à davantage de nations de participer à la grande fête continentale, de valoriser leurs talents et de progresser au contact des meilleures sélections.

Mais l’élargissement devra s’accompagner d’un vrai niveau d’organisation et d’un format lisible. Une CAN plus grande ne sera une réussite que si elle reste compétitive, attractive et bien maîtrisée. En 2027, l’Afrique testera donc une nouvelle formule. Et toutes les sélections savent désormais que la route vers le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie vient de changer.

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