Le football gabonais ne traverse pas une simple zone de turbulences ; il est face à son destin. La suspension du processus électoral par les autorités le 13 avril ne doit pas être vue comme un frein, mais comme une remise en jeu salutaire. C’est l’occasion de bâtir une gouvernance qui ne repose plus sur des arrangements, mais sur une représentativité réelle.
1. En finir avec le « Hors-jeu » démocratique
Pendant trop longtemps, le collège électoral a fonctionné comme un cercle fermé. Si l’élite (D1 et D2) est le moteur du football professionnel, elle ne peut plus en être l’unique boussole. L’ouverture à la D3 : Intégrer les clubs amateurs, c’est enfin reconnaître le football de nos quartiers et de nos provinces.
Le poids des Ligues : Elles sont les gardiennes du temple. Leur accorder un poids électoral concret, c’est assurer un développement territorial durable.
2. Les techniciens : Les gardiens de l’éthique
En tant qu’ancien arbitre international, je l’affirme : on ne peut diriger le football en ignorant ceux qui le pratiquent et l’encadrent. Les arbitres, les entraîneurs et les footballeurs sont les garants de l’intégrité du jeu. Leur présence dans le collège électoral, via leurs associations, n’est pas une option, c’est une condition de crédibilité.
Il en va de même pour le football féminin et les centres de formation, véritables pépinières de notre futur, qui doivent cesser d’être des figurants pour devenir des acteurs du vote.
3. Une autorité morale, pas une tutelle
La question des membres de droit doit être tranchée avec lucidité. Si l’expertise de nos aînés et de nos représentants internationaux est un atout, elle ne doit pas fausser le jeu démocratique. Leur rôle doit être sanctuarisé dans une fonction consultative, évitant ainsi toute influence disproportionnée sur les choix d’avenir.
Le verdict du terrain
L’arbitrage m’a enseigné que la légitimité ne se décrète pas : elle se mérite par l’équité. Aujourd’hui, la FEGAFOOT a besoin d’un collège électoral qui soit le miroir fidèle de sa diversité. La suspension actuelle nous offre le temps de la réflexion ; ne le gaspillons pas.
Faisons en sorte que, demain, le vainqueur de l’élection soit d’abord et avant tout le football gabonais.
À propos de l’auteur
Expert aux multiples casquettes, Olivier YOUSSOUF MBERA incarne la mémoire technique du sport gabonais. Arbitre international FIFA durant une décennie, il a navigué au cœur des instances : ancien Secrétaire Général Adjoint de la première LINAF, Chef de l’arbitrage à la FEGAFOOT et responsable de zone à la CAF.
Adjoint au chef de projet de la CAN 2017, cet Inspecteur de la Jeunesse et des Sports partage aujourd’hui son savoir à l’INJS (méthodologie de l’entraînement, théories des APS). Il est également entraîneur diplômé Licence B CAF et préparateur physique assermenté FIFA.
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